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| Création
monumentale urbaine |
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Au cœur
des favelas - les quartiers-bidonvilles - de São
Paulo, l’artiste-peintre Mônica
Nador, née en 1955, entretient un lien
ténu avec la population locale de manière
à l’associer et à l’inscrire
dans son champ artistique. Elle ne peint pas pour une
caste ou un groupe isolé, mais avec et parmi
les habitants de ces quartiers défavorisés.
Pour « offrir aux individus de percevoir la pratique
contemporaine de la peinture, comme un territoire sans
frontière ni hiérarchie. »
Se démarquant ainsi du circuit officiel de l’Art,
cette créatrice formée en dessin et gravure
à la Faculté des Arts Plastiques de la
Fondation Alvares Penteado puis à l’École
des Arts de l’Université de São
Paulo, assume ses choix et poursuit une recherche
picturale propre. Elle qui, au sortir de ses années
d’études, s’est spécialisée
en peinture murale sous la direction de Regina Silveira,
invite les artistes-habitants à renouveler l’approche
par rapport à leur logement et à leur
environnement. Initiés à la technique
du pochoir, ils reprennent possession de leurs lieux
de vie grâce à des motifs inspirés
de leur histoire personnelle et de leur quotidien.
Sur les murs extérieurs ou intérieurs,
l’art colore, l’art anime, l’art conquiert
de nouveaux territoires.
La tour d’accueil du Festival s’habille
du travail inédit de Mônica Nador et de
quatre jeunes issus des favelas de São Paulo.
Par ailleurs, plus de 1000 jeunes des quartiers toulousains
impriment leur marque à la scénographie
de la Prairie des Filtres dans le cadre d’un projet
artistique développé depuis le mois de
février avec elle. |
| Rose,
vert, rouge et bleu clair |
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« À São
Paulo, nous peignons des maisons, nous faisons de petites
rénovations qui profitent à leur illumination
et à leur ventilation. Ici, l’habillage
de la tour du Festival réalisé avec quatre
jeunes des favelas, sera illustré par des images
qui font référence aux instruments de
musique les plus utilisés au Brésil :
les tambours, l'« agogô
» et le « berimbau ».
Ces trois percussions dévoilent la composante
africaine radicalement décisive dans notre culture.
Le violon, héritage européen réinventé
au Brésil, est aujourd'hui un élément
indispensable pour la réalisation d'un événement
qui se prétend un minimum musical ou festif.
Le « boi-bumbá » (bal populaire de
la région du Nordeste) est une des figures les
plus aimées et traditionnelles des fêtes
de rue du Nord et Nordeste du Brésil. Il mêle
les traditions afro-indigènes et l'influence
européenne dans lequel le « boi »
(taureau) ainsi que les représentants de la cour
portugaise sont toujours richement vêtus. Pour
composer les différentes bâches qui envelopperont
la tour, je me suis basée sur deux accords chromatiques
très caractéristiques de notre culture
« caipira » : le rose et vert ainsi que
le rouge et bleu clair, combinaisons très brésiliennes,
que déjà Tarsila do Amaral (grande peintre
brésilienne née en 1886) avait utilisé
dans ses toiles au début du siècle dernier,
à un moment important de la structuration de
notre identité culturelle. Le rose et le vert
sont également la combinaison de couleurs choisie
par Mangueira, une des grandes écoles de samba
« carioca » pour se représenter.
Maintenant, je vous invite tous à plonger dans
la samba… »
Mônica Nador
Tisséo partenaire de ¡Rio Loco! soutient
le projet artistique de Mônica Nador.
Retrouvez les œuvres de Mônica Nador dans
le métro toulousain. |
| Des
ateliers ouverts sur un autre monde |
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À l’instar
de l’action menée par Mônica Nador
dans les favelas de São Paulo, le projet
d’« Ateliers ouverts » développé
à Toulouse, associe les jeunes des quartiers
à une démarche artistique originale. Regroupés
au sein d’une quarantaine de structures municipales(1),
ils ont donné libre cours à leur esprit
créatif, avec pour seul impératif de mettre
en avant l’iconographie du quartier, de la ville
de Toulouse ou de leur expérience propre. Les
pochoirs utilisés sont en tous points semblables
à ceux qu’utilisent les jeunes habitants
des quartiers-bidonvilles brésiliens. Les structures
municipales interviennent sur la billetterie du Festival
qui bénéficie de motifs directement inspirés
de l’iconographie brésilienne. Pour favoriser
davantage encore
l’échange culturel entre deux mondes qui
ont tout à partager dès le plus jeune
âge.
(1) Centres de loisirs sans hébergement
(CLSH) maternels et primaires des Affaires sociales
et de l’Animation socioculturelle, Centres de
loisirs attachés à l’école
(CLAE) maternels et primaires associatifs, encadrés
par Garonne Animation et la Vie scolaire, Centres sociaux,
Hôpital des enfants, MJC Empalot… |

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